Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pour nous contacter

Saïd Bahoum - 05 56 92 74 65

Recherche

8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 09:50
  • Un accord vient d'être proposé par la Direction concernant la mise en place du télétravail.

  • Y seraient éligibles les cadres et non cadres exerçant des missions qui ne nécessitent pas par nature une présence physique permanente ou quasi-permanente à l'Institut, comme par exemple le personnel administratif, recherche,cadres,labo, ou les assistantes médicales. Le nombre de jours maximum de télétravail par semaine serait fixé à deux.

  • En permettant l'assouplissement des contraintes liées à l'orgnisation du travail, le recours au télétravail est bien sûr présenté par la Direction comme une avancée en faveur des salariés. Moins de contraintes, mais pour qui ?

  • Car derrière des arguments qui peuvent paraître séduisants, au premier rang desquels figure la limitation des déplacements domicile/travail, il est important que les salariés soient bien conscients d'autres enjeux, que la Direction ne met évidemment pas en avant.

  • Tout d'abord, afin de déroger aux conditions de travail stipulées dans son contrat, le salarié devra signer un avenant qui modifiera de fait son contrat initial, sans garantie pour lui de retrouver son poste dans le cas où ce mode d'organisation ne lui conviendrait pas à l'usage.

     

  • En outre, le recours au télétravail implique pour le salarié qui le pratique qu'il dispose à son domicile d'un espace dédié à son activité afin de travailler dans de bonnes conditions. Il lui faudra donc prévoir d'aménager son lieu de vie afin d'y intégrer les outils numériques nécessaires à son activité et disposer d'une ligne internet à haut débit et d'un téléphone fixe ou mobile afin d'être joignable « à tout moment » par l'employeur. Une délocalisation qui lui demandera également de souscrire une assurance pour son matériel professionnel, ainsi qu'une attestation de conformité des installations électriques.

    Le salarié pratiquant le télétravail sera également tenu de donner accès à son domicile aux élus de l'Institut (C.S.E) pour vérification de ses conditions de travail.

  • Selon l'accord, le salarié concerné continuera à être présent dans les locaux de l'Institut à hauteur de 80% de son temps de travail total, ce qui ne correspond pas aux deux jours annoncés dans l'article V (« Modalités d'organisation du télétravail), mais en réalité à seulement 60%.

    Cette présence est censée éviter le risque de « distanciation » avec l'Institut et les autres salariés. Car c'est un des travers du télétravail que d'instaurer chez les salariés un sentiment d'isolement et de réduire les interactions avec leurs collègues, entraînant une perte de lien collectif. En outre, la frontière devenant plus fine entre vie professionnelle et vie privée, il s'avère plus difficile de séparer le temps de travail du temps libre.

  • Le problème de la confidentialité des données que le salarié aura à traiter se pose également. Alors que l'employeur est garant de la sécurité de ces données lorsqu'elles sont traitées dans ses murs, quelle sera la responsabilité des salariés en cas de problème, dès lors qu'il les aura traitées à son domicile ?

  • La Direction supervisant à distance l'activité du salarié (tout arrêt d'activité même très court devra faire l'objet d'une demande écrite et recevoir une réponse écrite de la hiérarchie), pourrait si nécessaire déconnecter le salarié si elle estime l'activité insuffisante, ou au contraire le contraindre à une surcharge de travail, comme il est prévu ans l'article VI.2 intitulé « Circonstances exceptionnelles ou cas de force majeure ». En effet, le salarié pourra être amené à travailler en plus de ses horaires habituels « en cas de situation particulière et exceptionnelle ou cas de force majeure ». Rappelons que plus de 8000 heures supplémentaires badgées ont été effectuées jusque la par les salariés de l'Institut. Le travail à domicile sera la porte ouverte à toute dérive, comme par exemple le cas où un collègue empêché demanderait à un autre d'effectuer son travail à sa place, ce qui est prévu dans l'accord !

  • Pour conclure cette liste non exhaustive, l'application de cet accord s'il est signé contribuera non seulement à réduire les effectifs présents physiquement à l'Institut, mais aussi ceux du service informatique ou logistique (encadrement, coursiers, cuisine, entretien....). Des chaînons manquants pourtant indispensables à la bonne marche de notre Centre.

     

Partager cet article
Repost0

commentaires