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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 00:14

Le gouvernement met tout en œuvre pour détruire plus de vingt mille postes à l'hôpital d'ici 2012. La Direction de Bergonié ne veut pas être en reste et redouble d'ingéniosité pour faire partie des « bons élèves » bien décidés à montrer l'exemple.

Quand elle ne nous fait pas l'éloge du désormais célèbre groupement d'employeurs, elle se lance dans des tirades sur les vertus de l'hospitalisation à domicile, auxquelles nous avons assisté lors des négociations du 17 février 2009.

 

Le nouveau credo de nos brillants technocrates de la Santé, c' est la rentabilité. Or, qui dit rentabilité dit faire le maximum d'économies.

L'hospitalisation à domicile, voilà un nouveau créneau, un créneau bien porteur en ces temps où la santé est devenue une valeur marchande au même titre que celles du CAC 40.

 

Nous ne nous y trompons pas : derrière une intention apparemment humaniste – que le patient puisse rester chez lui pour y être soigné, entouré des siens dans un environnement connu et rassurant, et y finir ses jours le moment venu – se cachent une logique purement comptable et un recul de la qualité des soins en France.

Favoriser l'hospitalisation à domicile signifie qu'un plus grand nombre de lits vont disparaître de l'hôpital (plusieurs dizaines de milliers sont déjà passés à la trappe en 15 ans). Derrière ces fermetures de services entiers ce sont évidemment les emplois de médecins, d'infirmiers et d'infirmières, d'aide-soignants et d'aide-soignantes, d'agents d'entretien, de manipulateurs, de laborantins, etc., qui seront supprimés à Bergonié comme ailleurs, si nous ne réagissons pas. C'est également un glissement des emplois publics vers le secteur privé qui s'accélère.

 

La CGT Bergonié exhorte non seulement les autres syndicats mais aussi tous les salariés à s'insurger contre cette politique qui à terme transformera l'Institut en une coquille vide où le secteur hospitalisation sera réduit à la portion congrue! Que deviendront alors ces plateaux techniques acquis à grand prix, ces machines sophistiquées dont peuvent bénéficier les patients hospitalisés sans avoir pour cela à faire de pénibles et coûteux aller-retours entre chez eux et l'hôpital?

Favoriser l'hospitalisation à domicile, c'est effectuer des économies sur le dos des malades : il est évident que le prix de journée d'un patient hospitalisé dans une structure à la pointe de la recherche, de la technique, des examens exploratoires et des traitements n'a pas de commune mesure avec ce que peut coûter son maintien à domicile, même en bénéficiant de soins effectués par du personnel « itinérant » (et relevant du secteur privé!).

 

Le gouvernement vient de voter un texte allouant 49 € à toute personne acceptant de prendre en charge un proche souffrant de maladie grave. Se rend-on bien compte de la charge physique et mentale qu'un tel accompagnement suppose?

Beaucoup de ceux qui ont vécu une telle expérience pourraient en témoigner : il est très difficile, même avec des aides extérieures, qui ne peuvent être que ponctuelles, de subvenir aux besoins physiques et psychologiques, au confort et au réconfort de ceux qui souffrent de manière permanente. Ce sera donc ceux qui ont les moyens de se faire eux-mêmes aider, remplacer de temps en temps, en somme, soulager dans leur tâche, qui pourront sans trop de dommage surmonter cette épreuve.

Mais pour la grande majorité, comment vivre une telle situation? Comment gérer au quotidien l'évolution d'une maladie, à qui adresser les questions qu'elle ne peut manquer de soulever, confier les inquiétudes qu'elle fait naître, en l'absence du personnel qualifié et à l'écoute d'un établissement hospitalier?

En défendant le secteur de l'hospitalisation, nous entendons défendre une idée humaniste de la médecine, nous voulons une société qui ne se débarrasse pas de ceux qu'elle juge non rentables -trop vieux pour être soignés, ou trop coûteux. Nous rejetons cette médecine à l'anglo-saxonne où tel traitement anticancéreux aux résultats jugés trop aléatoires est refusé à un malade pourtant jeune!

 

La vocation de l'Institut Bergonié est de défendre l'égalité de l'accès aux soins pour tous. Se battre pour le maintien des lits en hospitalisation c'est à la fois défendre l'emploi et garantir le droit à l'égalité des soins auquel tout malade, quelles que soient ses origines sociales, peut prétendre.

 

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