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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 20:04

 

plan social déguisé à l'Institut Bergonié


 

Dans la douce euphorie des Fêtes de fin d'année se poursuit allègrement la destruction du système de santé publique en France.

 

A l'Institut Bergonié le dernier avatar de cette grande saga : la signature par la Direction, les syndicats FO et CFE-CGC d'un accord « relatif à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences , dit accord GPEC » censé entrer en application dès le mois de janvier 2010.

Premier point : cet accord emprunte plus au vocabulaire des gestionnaires des ressources humaines d'une entreprise cotée en bourse qu'à celui de responsables d'un centre de lutte contre le cancer. Pêle-mêle, « mise en oeuvre de la stratégie et des décisions relatives à l'activité », « changements organisationnels », « plans de mobilité », « taux de turn over », « anticipation des évolutions de l'entreprise », etc.

 

Au printemps dernier, la CGT Bergonié a tiré à plusieurs reprises la sonnette d'alarme, évoquant la destruction programmée du système de santé publique français.

Avec l'accord GPEC, l'institut Bergonié est directement confronté à cette destruction!

Les hôpitaux et tous les établissements sanitaires publics dont les salariés ne sont pas informés, organisés et solidaires avec un syndicat vigilant quant à leur défense subiront inévitablement les conséquences des mesures inscrites dans la loi Bachelot HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoire). Entre autres objectifs déplorables, celle-ci prévoit de réduire de 20 000 le nombre de postes à l'hôpital au cours des trois années à venir. L'accord GPEC, signé à l'Institut par FO et la CFE-CGC, constitue un outil permettant cette réduction des effectifs. Il y est notamment mentionné que des « informations émanant de la DHOS (Direction de l'Hospitalisation et de l'Organisation des Soins), de l'Agence Régionale de Santé et de la Fédération Nationale des CLCC » pourront impacter « un diagnostic annuel emploi » à l'Institut. C'est donc un accord dangereux pour l'avenir des salariés de l'Institut et pour le mode de prise en charge de milliers de patients qui vient d'être signé.

 

La CGT Bergonié réaffirme aujourd'hui son refus d'entériner tout accord qui menacerait à la fois les emplois et la mission de santé publique à laquelle nous sommes tous attachés !

 

Voici quelques perles que contient celui-ci:

  • « développer une politique proactive de l'emploi s'appuyant sur les évolutions prévisibles des activités et sur les choix organisationnels inhérents aux modes de prise en charge des patients » :

    Ce point est évidemment à relier au projet de mise en place de l'HAD (Hospitalisation A Domicile) actuellement dans les starting blocks, qui aboutira immanquablement à la diminution des hospitalisations et donc du nombre de soignants, sans parler de l'obligation pour ceux -médecins, infirmiers, aide-soignants- impliqués dans cette structure de se déplacer au domicile des patients, d'où une dégradation de leurs conditions de travail.

  • « identifier les métiers en développement, émergence ou déshérence.... en déduire les besoins en recrutements ou suppressions de postes » :

Ce deuxième point attire particulièrement notre attention au moment où certains postes ont déjà disparu du fait de choix de nouveaux modes de gestion, comme les sept postes de la stérilisation et tous ceux perdus à cause de la sous-traitance logistique exemple Véolia, Dalkia etc et même médicale. Par ailleurs, l'achat du système PACS dédié à la gestion des films radiologiques a déjà détruit deux postes dans ce service. Découlant du même procédé, la mise en application de l'accord GPEC faciliterait la suppression de six postes aux archives!

  • La mise en place annoncée pour janvier 2011 du logiciel META 4 finira quant à lui par supprimer le contenu du travail des personnels employés au service des traitements, et donc sa suppression à terme (plusieurs postes seront supprimés). Le même logiciel intégrera la réorganisation des ressources humaines avec d'autres postes à supprimer.

  • Le dossier patient informatisé, créé, amélioré et optimisé au fil des demandes depuis des dizaines d'années par une équipe d'informaticiens très compétents, se voit remplacé par un nouveau logiciel standard que l'Institut n'aura aucun pouvoir d'adapter à ses besoins propres. La Direction a ainsi décidé de se mettre sciemment à la merci d'une firme informatique internationale qui détiendra toutes les données gérées par ce logiciel. Quid du travail et de l'avenir professionnel de nos informaticiens ?

 

Les points que nous venons de citer entrent dans « l'évolution technologique et notamment les projets d'introduction de moyens techniques ou technologiques » figurant dans l'accord que nous dénonçons.

 

L'accord GPEC offre en quelque sorte un cadre légal à des pratiques qui visent à la suppression de plusieurs dizaines de postes, comme la loi HPST le préconise afin que les établissements publics transfèrent le maximum d'activités vers le secteur privé lucratif.

 

La CGT Bergonié refuse de cautionner cette orientation aussi néfaste pour les patients que pour les salariés. Elle défend une politique sanitaire de qualité qui protège les patients quelle que soit leur situation sociale et financière.

 

Quelques chiffres montrent l'urgence d'une mobilisation toute acquise aux orientations actuelles en matière de politique de santé publique :

  • Il y a 30 ans, la cancérologie se répartissait au plan national en 20% aux Centres Hospitaliers Universitaires, 50% aux Centres de Lutte Contre le Cancer, et 30% au secteur privé lucratif.

  • Aujourd'hui, nous en sommes à 30% aux CHU, 30% aux CLCC et 40% au secteur privé lucratif.

Ces chiffres parlent d'eux-mêmes, et démontrent le sort que le gouvernement entend réserver aux Centre de Lutte Contre le Cancer !

Les plans cancer se suivent et se ressemblent ; à force d'amputer et d'affaiblir le Service Public de Santé, ils n'ont d'autre conséquence que de favoriser l'essor de cliniques privées aux dépassements d'honoraires toujours plus élevés, et, après avoir foulé aux pieds les principes-mêmes d'une médecine pour tous, héritée du Conseil National de la Résistance, ils n'aboutissent en définitive qu'à mettre en place une Santé à deux vitesses, où les patients ne sont plus que des clients !

 

Nous avons donc fait valoir à nouveau notre droit d'opposition afin de contrer un projet dont nous sommes convaincus qu'il est néfaste pour l'avenir de notre Centre.

Rejoignez et soutenez la CGT dans son combat.

 

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