Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pour nous contacter

Saïd Bahoum - 05 56 92 74 65

Recherche

3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 23:01

Nombre de salariés nous ont interpellés ces jours derniers, suite à la parution d'un certain journal qui consacra ses quatre pages à honorer la CGT Bergonié d'un dithyrambe d'une rare amabilité.

 

Malheureusement, nous nous trouvons bien incapables d'adresser en retour des louanges d'un niveau aussi transcendent ; que les lecteurs nous pardonnent donc si nous ne nous contentons que de répondre sur le fond.

 

Concernant l'accord sur le « dispositif de fin de carrière », la Direction proposait que les salariés de plus de cinquante-cinq ans qui le souhaitaient puisssent être employés à temps partiel (60 % du temps plein) pour une rémunération intéressante (70 % du salaire à temps plein).


Nous avons estimé cependant que, sous des atours affriolants, cette mesure a priori favorable n'en cachait pas moins des effets pernicieux et d'indéniables risques pour les salariés.

La CGT a fait remarquer à la Direction que cette mesure allait appauvrir beaucoup de salariés puisque les 30% ou les 20% du salaire manquant réduirait triplement les revenus des salariés concernés, puisque non seulement, ils perdraient cet argent mais en même temps cette baisse de salaire impacterait les pensions de retraite du régime général et de retraite complémentaire ARCOO et AGIRC calculées sur les 25 dernières années d'activité, celles-ci étant souvent les plus rémunératrices; en effet, s'agissant d'un accord local, l'Etat et les caisses concernées n'auraient pas validé la partie manquante comme cela avait pu se faire avant les années 2004.

D'autre part, la prime de départ à la retraite est calculée sur les salaires de la dernière année d'activité, et aurait donc été elle aussi réduite par ce dispositif.

D'autre part, quand on sait les pressions et techniques de management qui peuvent être mises en œuvre dans certains cas, un tel accord aurait grandement facilité des sortes de mises en pré-retraite partielles qui n'auraient pas dit leur nom, de même que, au niveau de la France, la disposition légale instituant la rupture du contrat de travail par accord mutuel a ouvert la voie à de multiples abus.

Contrairement à ce que l'on a pu lire, la Direction avait donc tout intérêt à ce que soit signé cet accord, puisque les concernés étant les salariés en « fin de carrière », elle aurait ainsi pu procéder à de la compression de masse salariale, étant donné que, bien entendu, les salariés les plus anciens dans l'Institut ont une rémunération plus élevée par rapport aux nouveaux arrivants dans les mêmes postes.

 

Fidèle à son seul objectif, la défense de l'intérêt de tous les salariés, la CGT Bergonié, après analyse des propositions de la Direction, présenta des amendements qui auraient permis la prise en charge par l'employeur du manque à gagner pour les salariés. Devant cette demande de garantie pour les salariés, la Direction comprenant que nous n'étions pas dupes, a coupé court aux discussions concernant cet accord.

 

 

On nous reprocha également, en des termes épiques, de mener de basses actions judiciaires à l'encontre des deux autres syndicats présents à Bergonié, aux seules fins de les torpiller en tant que « concurrents ». Cette présentation des événements est tout à fait spécieuse. Si nous devons, en ce moment même, faire appel à la Justice, c'est uniquement pour nous battre afin de sauvegarder l'Institut Bergonié, ses emplois, et la qualité des soins qu'il prodigue. Nous ne sommes pas de chauds partisans de crier au loup à la légère ; mais que l'on en juge : sur les vingt centres anti-cancer que comptait le pays en 2008, il n'en reste plus que dix-huit ajourd'hui, et deux autres devraient fermer leurs portes dans les prochains mois. Insidieusement, la bonne vieille méthode demeure la même : rationaliser, optimiser, (équarrir) la masse salariale par une bonne Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences ; fractionner le personnel entre soignants et logistiques afin de commencer par « sous-traiter » (c'est à dire par se débarrasser de) ce dernier via un « Groupement d'employeurs »2, avant de trancher dans le vif ; pleurnicher l'austérité et les « économies nécessaires » pour ne consentir des augmentations de salaire pas même égales à l'inflation.

 

C'est ainsi que ces deux dernières années, la Direction avait proposé trois accords auxquels nous nous sommes opposés car ils allaient nettement à l'encontre de l'intérêt des salariés. Pourtant, et en dehors de la légalité, puisque nous avons fait valoir notre droit d'opposition, elle s'obstine à commencer à les appliquer, par petites touches et progressivement. C'est pourquoi nous sommes à présents obligés, si nous voulons faire respecter notre bon droit, et avec lui celui de l'ensemble des salariés, d'assigner la Direction au Tribunal de Grande Instance. Que les autres syndicats soient parallèlement convoqués pour que la Justice évalue leur capacité ou leur inaptitude légale à avoir signé ces accords en 2008 n'a donc rien à voir avec une « attaque » ou une quelconque invasion de la Pologne par les panzers de la CGT. Serait-ce trop demander que la Direction cesse de mettre en œuvre des accords nocifs pour le personnel ?

 

2Sont concernés au premier chef : les agents de service, les brancardiers, le service général, le personnel de cuisine, le personnel des archives, les magasiniers, les assistantes médicales, et bien d'autres catégories à moyen terme.

 

méchants

Partager cet article
Repost0

commentaires