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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 20:50

 

Quelle drôle façon de procéder que celle qui consiste à embaucher une personne et à l'utiliser jusqu'à la date limite de son contrat CDD, contrat au cours duquel elle effectue un travail devenu pérenne, puis à la « remercier » au terme de ce contrat afin de pouvoir embaucher une autre personne qui va être amenée à faire le même travail après un temps de formation!

Les temps sont peut-être durs, c'est un fait, mais est-il normal et surtout concevable moralement que, par le biais d'embauches sous contrat limité dans le temps, on puisse faire miroiter un avenir à des jeunes qui ne demandent qu'à travailler? La moindre des choses serait que la Direction affiche clairement ses intentions et que soit établi de façon précise que tel ou tel travail est sporadique ou routinier, d'autant plus que le « sporadique » a curieusement tendance à se transformer officieusement en « routinier » ! Il est inadmissible de laisser les gens dans le doute et l'incertitude du lendemain. Il semblerait que les décideurs, à n'importe quel niveau qu'ils soient, n'aient pas vraiment conscience du désarroi qu'ils créent en agissant de la sorte. Un peu d'empathie, que diable!, ne serait pas du luxe!

Mais la logique comptable reste implacable, et nous avons déjà entendu que nos dirigeants à l'Institut Bergonié « ne sont pas là  pour faire du social ».

Reste qu'au-delà d'un procédé moralement fort contestable, le recours aux « salariés-kleenex » n'est rien d'autre qu'un détournement de la loi, qui stipule qu'un contrat en CDD ne peut être conclu pour une durée déterminée que pour l'un des cas de recours limitativement énuméré par la loi (article L.122-1-1 du code de travail), à savoir le remplacement d'un salarié, l'accroissement temporaire d'activité, pour les emplois à caractère saisonnier ou pour lesquels, dans certain secteurs, il est d'usage constant de ne pas recourir au contrat de travail à durée indéterminée en raison de la nature de l'activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois.

Dans tous les cas, les contrats ne peuvent avoir ni objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale de l'entreprise (article L.121-1 du code de travail).

Par conséquent, un CDI doit être alors proposé au salarié, la durée maximale pour un CDD étant généralement de 18 mois (9 mois lorsque c'est en attente d'une embauche définitive, l'exécution immédiate de travaux urgents). Pour contourner cette mesure, nombre de chefs d'établissement recourent à une valse des CDD que la perspective d'être titularisés galvanise et qui donnent par conséquent le meilleur d'eux-mêmes, aux moindres frais pour les entreprises. On a vu des techniques de « management » plus humaines, au sein des « ressources » du même nom ! Une technique malheureusement largement utilisée dans les entreprises qui ont pour but de faire du profit, et qui est totalement hors sujet dans un établissement comme le nôtre, qui est, nous le rappelons, « à but non lucratif »...

 

 

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