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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 12:43

 

novembre 2012

Le nombre de cancers dans les pays occidentaux, et notamment en France, ne cesse d'augmenter : facteurs environnementaux, mode de vie et d'alimentation, stress, le cancer touche aujourd'hui plus d'un tiers de la population, et on prévoit que cette proportion passera d'ici peu à 50%, devançant toutes les autres pathologies. La médecine lutte pied à pied contre ce fléau, et peut se prévaloir d'avancées significatives tant en matière de diagnostic que de traitement de la maladie.

Aux problèmes sanitaires et humains liés à l'accroissement inexorable du nombre de cancers, on ne peut répondre en diminuant l'offre de soins. Jusqu'à ces deux dernières années, la France disposait de 20 Centres de Lutte contre le Cancer, fruits d'un plan de lutte décidé en 1945 : au fil des années, ces établissements d'expertise, à la fois centres de recherche, d'essais de protocoles, de traitement et de suivi des patients, ont, grâce au concours de spécialistes réputés et d'un personnel dévoué, obtenu des résultats reconnus tant au plan national qu'international.

Mais les récentes orientations en matière de santé, appuyées par la funeste loi HPST de Roselyne Bachelot, ont signé l'arrêt de mort de ces Centres d'excellence. Les fusions-restructurations, sensées améliorer « l'efficience » des établissements de santé, ont déjà affecté les Centres de Caen, d'Angers, Saint-Cloud, Toulouse. Strasbourg pourrait être le prochain Centre sacrifié.

 

Or, le récent rapport de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) souligne que beaucoup de projets de regroupements sont des échecs, et que certaines fusions contribuent même à aggraver les difficultés des entités qu'elles ont réunies. Les données et études disponibles « témoignent plutôt des inconvénients de la grande taille pour un établissement hospitalier ».

 

De plus, transférer les activités jusque-là assurées par les Centres de Lutte contre le Cancer vers d'autres structures, c'est à la fois augmenter les délais d'attente tant en matière de diagnostic que de traitement, alors que le temps est un élément crucial dans la lutte contre le cancer, mais c'est aussi confier la vie des patients à des établissements dont ce n'est pas la spécialité, et qui ne se révèlent pas toujours à la hauteur de la tâche. Ainsi, il a été rapporté qu'une deuxième lecture de lames par le département de pathologie de notre Institut (réseau sarcome), avait permis dans 27% des cas , d'infléchir le diagnostic de malin à bénin. Autant de patients qui, sans cette deuxième lecture, auraient dû subir un traitement pour un cancer inexistant ! Ce qui a tout de même de graves conséquences, tant financières qu'humaines, que l'on ne peut s'empêcher de lier au fait que des structures à but lucratif n'ont pas les mêmes objectifs qu'un établissement public...

 

L'institut Bergonié n'échappe pas à la tempête qui souffle sur les Centres : transfert d'activités jusque-là bien présentes dans l'établissement (ORL, chirurgie thoracique, stérilisation), externalisations coûteuses, qui permettent de réduire le nombre de salariés (facilitant ultérieurement le « sacrifice » de certains services), absence de tarification de certains actes et de certaines molécules (plaçant l'établissement en " difficultés financières "), associations avec des cliniques privées aux intérêts forcément divergents (IRM et TEP), bref un sabordage en règle, visant à faire de Bergonié une coquille vide

Une situation à ce point inquiétante que la CGT a demandé la tenue prochaine d'une concertation sociale exceptionnelle à Paris afin de maintenir l'existence des Centres de Lutte Contre le Cancer dans le cadre d'une mission de service public.

 

Tout le monde a à y gagner : les milliers de salariés qui y travaillent, mais aussi les millions de citoyens touchés un jour ou l'autre par le cancer.

 

 

 

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