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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 02:36

 

La mode est au détricotage des services d'hospitalisation classique, au profit de l'Hospitalisation A Domicile (HAD), présentée comme la nouvelle panacée pour les patients.

Les récents déboires de l'HAD à l'AP-HP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris) ont de quoi nous alerter sur la viabilité de ces structures de soins elles-mêmes et sur la prise en charge des malades.

En effet, comme nous l'apprend le « Canard Enchaîné » du 18 avril dernier, les responsables du secteur HAD à l'AP-HP viennent de recevoir des consignes visant à refuser la prise en charge en HAD des « patients pour lesquels les soins durent plus d'une heure 30, ceux devant bénéficier de relais SSIAD, les patients grabataires ou dépendants avec des soins de nursing pour lequel il faudra mobiliser des Aide-soignant(e)s ou des Auxiliaires de Vie ».

En cause, un « déficit en ressources humaines », (ou pour faire court, un manque criant de personnel), et le coût que représentent ces patients encombrants générant un mauvais rapport qualité-prix (car nécessitant des soins lourds et chronophages).

Eh oui, l'Hôpital-Entreprise, ça fonctionne vraiment comme une entreprise ! Pour réduire les coûts de l'hospitalisation classique, on diminue le nombre de lits et le personnel qui va avec, et on vous vend LA solution miracle que les patients appellent de tous de leurs vœux (c'est du moins ce qu'affirme Notre Directeur, comme il l'a fait encore le 10 avril 2012 lors de la dernière réunion de concertation sociale à paris) : la HAD, ou comment tout est mieux (et surtout moins cher) à la maison. Soins, traitements, effets secondaires, l'HAD s'occupe de tout ! Et quand, victime de son « succès », comme à Paris, elle ne peut plus répondre à toutes les demandes, par manque de moyens humains et financiers, les malades fortunés peuvent s'offrir une ou deux infirmières à domicile, tandis que les autres se débrouillent avec leur famille, s'ils en ont une...

Le développement de l'HAD, qui concerne également l'Institut Bergonié, à travers la convention signée avec Bagatelle et Robert Piquet, sert de prétexte pour diminuer les effectifs des établissements publics de santé et, sous couvert de répondre aux désirs des malades, permet de pallier la baisse des moyens qui sont alloués à ces établissements (signalons qu'une diminution de l'enveloppe accordée aux centres de lutte anti-cancéreux de l'ordre de 12 millions d'euros est prévue pour 2012).

Lorsque les postes en hospitalisation classique auront été supprimés au profit de l'HAD, avec tous les inconvénients que cela implique pour les patients (nous avons été à plusieurs reprises interpellés par des personnes en grande détresse physique et morale, devant repartir à leur domicile après une intervention ou un traitement lourd), ne restera plus qu'à se retrancher derrière le manque de moyens humains et financiers dont souffrira forcément l'HAD, comme en témoigne l'exemple de l'AP-HP, pour en exclure les patients « non rentables ».

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