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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:11

 

A une époque où, sur le plan politique et économique, la communication prend souvent le pas sur l'action, la Direction entend elle aussi exploiter le filon de la com.

En témoigne l'admirable affiche qui est venue récemment orner un pan de mur des bâtiments de la rue Duluc. Remarquable exemple où le « Comment le dire ? » prime sur le « Que dire ? », en d'autres termes où la forme l'emporte sur le fond.

Car que nous apprend ce « message » ? En réalité, absolument rien.

« Bergonié doit construire pour les progrès de demain » : non seulement cela apparaît comme une évidence, qu'il ne viendrait à l'idée de personne de nier, mais cela s'apparente, si notre mémoire est bonne, à un lointain projet de construction de bâtiment chirurgical dont nous avions relaté en son temps les déboires (voir plus bas).

« Bergonié doit construire » : cette phrase sonne en réalité comme un vœu pieux, une sorte de mantra destiné à conjurer le sort, ou plutôt à éradiquer le « no man's land » désolant que nous avons sous les yeux depuis plusieurs mois.

 

Quand on a dit cela, on n'a rien en fait dit du tout, rien annoncé de concret, mais on l'a fait sur une belle affiche, avec de belles couleurs, des dessins rigolos, façon publicité pour des cadeaux de Noël.

Mais en réalité, de quoi s'agit-il ? D'une invocation à l'ARS, détentrice des fonds nécessaires à l'édification d'un nouveau bâtiment ? D'un appel aux dons, en particulier ceux des entreprises que notre Bon Directeur aime à solliciter ? D'un signal au public, qui peut être amené à fréquenter notre établissement et s'interroge sur sa bonne marche?

Ou bien ce « message » est-il destiné à rassurer des salariés déboussolés par un management désastreux, des déclarations contradictoires, un avenir professionnel plein d'incertitude ?

 

Pour rappel : article de la CGT paru dans le journal n° 13 daté du 07/12/2009 :

 

Aqua nous avons échappé
ou comment, sur le paquebot Bergonié - "que Dieu même ne pourrait couler" le "Pacha" navigue à vue.

Parmi les projets grandioses sortis de la casquette de la Direction, figurait l'extension des bâtiments afin de permettre la construction de nouveaux blocs opératoires. Constatant l'impossibilité de monter un étage supplémentaire, une armada d'ingénieurs eut alors un coup de génie : procéder à l'élargissement du dernier étage. Nous aurions donc vu sortir de l'arsenal un véritable paquebot, dont la dernière partie aurait figuré le pont supérieur du Navire-Institut voguant impavide – triste t(r)opique – sur les eaux mouvementées de la lutte contre le Cancer. Un projet magnifique digne des ingénieurs navals les plus audacieux.
Las! Du fond de la cale, le sonar CGT alerta bientôt la passerelle : les fondations existantes seraient-elles suffisamment solides pour supporter un tel ajout, vu la nature instable du sous-sol et la présence d'une nappe phréatique par huit mètres de fond? Bref, le déplacement ne risquait-il pas de devenir par trop important, et le navire ainsi alourdi de finir par talonner, entraînant dans son naufrage le bâtiment tout entier?
De coûteux projets architecturaux, dignes des ingénieurs du Titanic, avaient bien entendu été réalisés avant d'être présentés à l'équipage. Un matelot CGT (Contrôleur des Grandes Tempêtes) émergeant de la dernière marche de l'échelle par le trou d'échappée, tira la corne de brume. Déboussolé, le gyrocompas en rade, le Pacha s'obstina pourtant, mettant en avant la fameuse technique révolutionnaire des "micro-pieux stabilisateurs".(Conf,compte rendu CE 17 Mars 2009)
Mais on apprenait, quelques mois plus tard l'abandon pur et simple de ce qui était annoncé comme un grand chantier génial, par "défaut d'autorisation administrative".
Il se murmure dans les coursives que ce sauve-qui-peut serait plutôt imputable au principe de précaution sagement pris par l'État-Major. Dommage tout de même d'avoir gaspillé quelques précieuses dizaines de milliers d'euros qui auraient pu être affectés à la solde de l'équipage!

 

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:11

 

La CGT, dénonçant la politique de gestion menée par la Direction de l'Institut et le « chantage au soi-disant déficit », s'est mobilisée pour empêcher la fermeture du service du 5e étage le week-end et la restructuration de l'ensemble des services d'hospitalisation.

Dans une pétition signée très largement par les salariés, elle a demandé à la Direction de maintenir l'activité de notre établissement, sa pérennité dans le schéma sanitaire régional et tous les emplois de l'institut.

Par ailleurs, les élus CGT ont porté cette demande au niveau local au sein du Comité d'Entreprise et lors des réunions de DP, mais aussi au niveau national au cours des réunions paritaires. La Direction nous a entendus, puisqu'elle vient d'embaucher un chirurgien en soutien à l'équipe existante afin de faire face à l'activité et cesser de la transférer vers d'autres établissements. Elle nous a annoncé le maintien -pour le moment- de l'ouverture du 5e étage sept jours sur sept.

 

La CGT appelle l'ensemble du personnel à rester vigilants quant aux intentions de la Direction concernant l'avenir de l'hospitalisation !

 

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:09

 

Les élus CGT au Comité d'Entreprise, constatant que le CE dispose d'une somme importante non distribuée sur le budget des œuvres sociales l'année dernière, demandent que ce reliquat soit attribué dès maintenant à tous les salariés de l'Institut. Cela permettrait à ceux qui le souhaitent de pouvoir bénéficier des soldes. Considérant que cet argent appartient aux salariés, il nous semble légitime qu'il leur soit redistribué au bon moment lorsqu'il n'a pas été utilisé.

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 20:07

 

C'est ainsi que s'intitule l'édito de Notre Grand Directeur dans les « Echos de Bergo » de janvier 2013. Il y est ainsi souligné la poursuite des activités innovantes qui sont présentées comme « l'une des missions de service public hospitalier ». Sont alors énumérés les « équipements modernes » dans lesquels l'Institut a eu la sagesse d'investir dans sa quête de projet stratégique, en imagerie, en génétique moléculaire et en radiothérapie notamment.

Nous ne pourrions qu'applaudir et nous joindre à cette auto-satisfaction si...

 

Si, au hasard d'une incursion dans les étages d'hospitalisation, nous n'avions reçu les doléances de ceux qui constatent que leur lieu de travail ne répond plus aux exigences d'hygiène irréprochable auxquelles doit obéir tout établissement hospitalier digne de ce nom.

Qui observent que, faute de personnel d'entretien en nombre suffisant, le décapage jusque-là régulièrement assuré, a été remplacé par le passage de lingettes aux vertus bien inférieures.

Qui déplorent que depuis que leur collecte a été confiée le week-end à une société extérieure, les déchets s'entassent et encombrent les locaux et les passages.

Qui s'effarent ! -mais ceci explique sans doute cela- d'apercevoir des souris ! parcourant les couloirs, profitant d'une situation dégradée.

 

L'austérité, c'est "Des souris et des Hommes" tous les jours !

Des souris dans les labos, oui ! Mais que viennent-elles faire dans les étages d'hospitalisation ?

Font-elles partie de ces activités innovantes qui « correspondent aux attentes des patients et de leurs familles » ?

Notre Grand Directeur fait les yeux doux aux donateurs qu'il appelle de ses vœux. Devra-t-il leur tendre la main pour acheter quelques tapettes ?

Qu'il descende donc de son piédestal pour venir constater les conséquences de sa politique de réduction du personnel, et tout particulièrement des ASH, dont la présence est pourtant indispensable à la bonne marche de notre établissement !

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 22:14

 

Le nombre de cancers dans les pays occidentaux, et notamment en France, ne cesse d'augmenter : facteurs environnementaux, mode de vie et d'alimentation, stress, le cancer touche aujourd'hui plus d'un tiers de la population, et on prévoit que cette proportion passera d'ici peu à 50%, devançant toutes les autres pathologies. La médecine lutte pied à pied contre ce fléau, et peut se prévaloir d'avancées significatives tant en matière de diagnostic que de traitement de la maladie.

Aux problèmes sanitaires et humains liés à l'accroissement inexorable du nombre de cancers, on ne peut répondre en diminuant l'offre de soins. Jusqu'à ces deux dernières années, la France disposait de 20 Centres de Lutte contre le Cancer, fruits d'un plan de lutte décidé en 1945 : au fil des années, ces établissements d'expertise, à la fois centres de recherche, d'essais de protocoles, de traitement et de suivi des patients, ont, grâce au concours de spécialistes réputés et d'un personnel dévoué, obtenu des résultats reconnus tant au plan national qu'international.

 

Mais les récentes orientations en matière de santé, appuyées par la funeste loi HPST de Roselyne Bachelot, ont signé l'arrêt de mort de ces Centres d'excellence.

 

Ainsi, les fusions-restructurations, supposées améliorer « l'efficience » des établissements de santé, ont déjà affecté les Centres de Caen, d'Angers, Saint-Cloud, Toulouse... Strasbourg pourrait être le prochain sacrifié.

Or, le récent rapport de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) souligne que beaucoup de projets de regroupements sont des échecs, et que certaines fusions contribuent même à aggraver les difficultés des entités qu'elles ont réunies. Les données et études disponibles « témoignent plutôt des inconvénients de la grande taille pour un établissement hospitalier ».

En effet, passé un certain stade, on fait face à des économies d'échelle, des rendements décroissants, des effets pervers non pris en compte par une vision étriquée de la comptabilité, comme par exemple le coût financier et physique pour les patients, et donc la société, que représente ne serait-ce que le transport vers des centres de traitements dont le nombre diminue alors que la demande de soins, elle, augmente.

 

Cette logique bornée – réaliser le plus possible d'économies sur le papier sans se projeter ni dans l'avenir, ni dans la société prise dans son ensemble– est celle qui préside actuellement aux velléités d'externalisation en tous sens.

C'est ainsi que l'institut Bergonié n'échappe pas à la tempête qui souffle sur les Centres :

  • transfert d'activités jusque-là bien présentes dans l'établissement comme l'ORL, la chirurgie thoracique, la stérilisation, ce qui permet de réduire le nombre de salariés en facilitant ultérieurement le « sacrifice » de certains services,

  • absence de tarification de certains actes et de certaines molécules (plaçant l'établissement en "difficultés financières "),

  • associations avec des cliniques privées aux intérêts forcément divergents (IRM et TEP), bref un sabordage en règle, visant à faire de Bergonié une coquille vide.

A cette aberration économique se greffent, plus graves, de sérieuses questions qualitatives.

 

Transférer les activités jusque-là assurées par les Centres de Lutte contre le Cancer vers d'autres structures, c'est pour les patients à la fois augmenter les délais d'attente tant en matière de diagnostic que de traitement, alors que le temps est un élément crucial dans la lutte contre le cancer, mais c'est aussi confier la vie des patients à des établissements dont ce n'est pas la spécialité, et qui ne se révèlent pas toujours à la hauteur de la tâche.

Ainsi, il a été rapporté qu'une deuxième lecture de lames par le département de pathologie de notre Institut (réseau sarcome), avait permis dans 27% des cas , d'infléchir le diagnostic de malin à bénin. Autant de patients qui, sans cette deuxième lecture, auraient dû subir un traitement tout-à-fait inadapté ! Ce qui est cause de graves conséquences humaines ! Ne parlons même pas de l'effort gaspillé demandé à la protection sociale. De telles erreurs seraient-elles le fait du hasard, de l'incompétence, ou, pire, que des établissements à but lucratif trouvent avant tout leur raison d'être dans la quête du profit, les actes médicaux les plus riches en valeur ajoutée étant ceux qui assurent le plus de bénéfices...

 

Quant au travail d'entretien effectué jusqu'à une époque récente par du personnel de l'Institut dans les services de consultations, les laboratoires et les bâtiments annexes, personnel qui était également chargé de l'évacuation des déchets le week-end, est désormais confié à une société de nettoyage extérieure. Cette société, qui emploie essentiellement des femmes, leur impose des conditions de travail déplorables. Elles sont ainsi chargées de l'entretien d'une série de locaux, tâche qu'elles doivent effectuer en un temps limité, alors qu'il leur est matériellement impossible de le faire ne serait-ce que correctement dans le temps imparti. Pour un travail censé se faire en deux heures, par exemple, il faut compter au minimum trente minutes supplémentaires, sans le moindre répit. Bien entendu, ce travail supplémentaire n'est absolument pas rémunéré !

Il s'agit là d'une véritable exploitation. Les entreprises de ce genre – véritables institutions négrières des temps modernes – l'ont bien compris, qui sont coutumières d'une gestion des employés peu scrupuleuse du droit du travail. Cela leur est d'autant plus facile que bien souvent, leur main-d'œuvre est constituée de femmes seules, en situation difficile, qui ne peuvent se permettre de réclamer leurs droits si elles veulent conserver leur place dans un contexte de chômage de masse. Le personnel qu'elles emploient, payé au minimum et forcé de travailler, pour partie, sans rémunération et sur des horaires confettis, ne peut être défendu par aucun syndicat.

 

Il va sans dire que la qualité du travail rendu dans ces conditions ne peut être à un niveau acceptable pour des Centres de santé, qui se doivent d'avoir des services logistiques et d'entretien à la hauteur de leurs exigences d'hygiène, de sécurité, et de prestige public.

Il ne devrait pas non plus être besoin de relever le coût social en matière de santé au travail, le coût managérial en termes de « turn-over » et autre « burn out », qu'induisent de si lamentables conditions de sous-emploi, répercutés in fine sur la facture.

 

Des esprits soit étroits économiquement, soit peu précautionneux quant à la qualité des soins, soit sans cœur pour le « petit personnel » - ou une triste conjonction de deux ou trois de ces possibilités - ont cru voir dans l'externalisation la panacée pour « réduire les coûts salariaux », et ont donc choisi de recourir à des sociétés privées qui ne s'embarrassent guère de grands principes.

 

 

Pourtant, en raison de tous les défauts que nous avons observés, et une fois a minima chaussé les lunettes du moyen terme, en matière d'établissement de soins le choix de l'externalisation se révèle plus coûteux que l'emploi de personnel « maison », comme l'ont constaté de nombreux établissements en France, qui l'ont abandonnée et sont revenus au système précédent, ou sont en passe de le faire.

 

Il convient de mettre un terme aux démantèlement de centres ; au contraire, et l'actualité tragique dans d'autres domaines de soins nous l'a cruellement rappelé, un maillage efficace et acceptable du territoire, à une échelle au moins régionale, est plus que jamais nécessaire.

Il convient de renoncer immédiatement à toute externalisation dans les établissements de santé, de procéder à la titularisation du personnel précaire qui souhaite travailler à la réussite de la mission de service public des Centres, quelle que soit sa tâche, si humble soit-elle. Il convient de créer ou de restaurer des conditions dignes d'un établissement du XXIème siècle. Il convient de faire mentir une bonne fois pour toute les harpies de mauvais augure qui, prétendant que l'Amour étant précaire, que la vie étant précaire, entendent décréter qu'il n'y aurait pas de raison que le travail ne le fût pas également.

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 22:04

 

Le 29 novembre dernier a eu lieu une nouvelle démonstration de la bonne technique du lavage des mimines. Cette opération s’est effectuée, cette fois, dans le hall des accueils avec diverses autres activités ludiques et photographiques dignes d’une réunion de patronage..

La démarche, bien que louable, paraît pour le moins contestable dans sa forme

 

La lutte contre les maladies nosocomiales est bien évidemment primordiale au regard des multi-résistances acquises par les germes pathogènes, mais était-il souhaitable de promouvoir ce genre d’activité dans un tel lieu ? Les patients venant pour une hospitalisation, et qui transportent bien d’autres soucis dans leur petite valise, n’auraient pas dû subir cette débauche d’exubérance et de commentaires au sujet de la propreté perfectible du personnel censé les soigner. Certains propos péjoratifs, tenus par des patients gênés dans leurs démarches d’admission, nous ont été rapportés. La cerise sur le gâteau, sur la madeleine pour être tout à fait dans le contexte, aura été cette partie de « trivial-poursuite » ciblée sur l’hygiène et cette séance de photos promotionnelles de la solution hydro-alcoolique pour lesquelles s’est prêté de bonne grâce notre cher Ponce Pilate DRH.

 

Si l'on ne peut contester tout ce qui contribue à l’amélioration des conditions d’hygiène à l’Institut, la méthode est certainement insidieuse et apparaît un peu comme une forme de racolage à l’instar du bulletin du CE.

 

Nous dénonçons cette pratique qui laisse sur le bord de la route l’essentiel : la qualité des soins prodigués par du personnel motivé car bien dans son travail et son environnement. Du personnel qui n’a pas peur du lendemain et qui sait qu’il travaillera dans l’avenir dans les mêmes conditions favorables qu’il a eu tant de mal à obtenir au fil des années.

 

Alors, lavons-nous bien les mains, mais n’oublions pas que nous marchons sur une planche savonnée en ce moment, et qu’il est judicieux d’être très vigilant sur le fondamental, tout ce qui s’effiloche à l’Institut et qui risque, à terme, de ne plus nous rendre crédibles auprès des patients.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 12:43

 

novembre 2012

Le nombre de cancers dans les pays occidentaux, et notamment en France, ne cesse d'augmenter : facteurs environnementaux, mode de vie et d'alimentation, stress, le cancer touche aujourd'hui plus d'un tiers de la population, et on prévoit que cette proportion passera d'ici peu à 50%, devançant toutes les autres pathologies. La médecine lutte pied à pied contre ce fléau, et peut se prévaloir d'avancées significatives tant en matière de diagnostic que de traitement de la maladie.

Aux problèmes sanitaires et humains liés à l'accroissement inexorable du nombre de cancers, on ne peut répondre en diminuant l'offre de soins. Jusqu'à ces deux dernières années, la France disposait de 20 Centres de Lutte contre le Cancer, fruits d'un plan de lutte décidé en 1945 : au fil des années, ces établissements d'expertise, à la fois centres de recherche, d'essais de protocoles, de traitement et de suivi des patients, ont, grâce au concours de spécialistes réputés et d'un personnel dévoué, obtenu des résultats reconnus tant au plan national qu'international.

Mais les récentes orientations en matière de santé, appuyées par la funeste loi HPST de Roselyne Bachelot, ont signé l'arrêt de mort de ces Centres d'excellence. Les fusions-restructurations, sensées améliorer « l'efficience » des établissements de santé, ont déjà affecté les Centres de Caen, d'Angers, Saint-Cloud, Toulouse. Strasbourg pourrait être le prochain Centre sacrifié.

 

Or, le récent rapport de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) souligne que beaucoup de projets de regroupements sont des échecs, et que certaines fusions contribuent même à aggraver les difficultés des entités qu'elles ont réunies. Les données et études disponibles « témoignent plutôt des inconvénients de la grande taille pour un établissement hospitalier ».

 

De plus, transférer les activités jusque-là assurées par les Centres de Lutte contre le Cancer vers d'autres structures, c'est à la fois augmenter les délais d'attente tant en matière de diagnostic que de traitement, alors que le temps est un élément crucial dans la lutte contre le cancer, mais c'est aussi confier la vie des patients à des établissements dont ce n'est pas la spécialité, et qui ne se révèlent pas toujours à la hauteur de la tâche. Ainsi, il a été rapporté qu'une deuxième lecture de lames par le département de pathologie de notre Institut (réseau sarcome), avait permis dans 27% des cas , d'infléchir le diagnostic de malin à bénin. Autant de patients qui, sans cette deuxième lecture, auraient dû subir un traitement pour un cancer inexistant ! Ce qui a tout de même de graves conséquences, tant financières qu'humaines, que l'on ne peut s'empêcher de lier au fait que des structures à but lucratif n'ont pas les mêmes objectifs qu'un établissement public...

 

L'institut Bergonié n'échappe pas à la tempête qui souffle sur les Centres : transfert d'activités jusque-là bien présentes dans l'établissement (ORL, chirurgie thoracique, stérilisation), externalisations coûteuses, qui permettent de réduire le nombre de salariés (facilitant ultérieurement le « sacrifice » de certains services), absence de tarification de certains actes et de certaines molécules (plaçant l'établissement en " difficultés financières "), associations avec des cliniques privées aux intérêts forcément divergents (IRM et TEP), bref un sabordage en règle, visant à faire de Bergonié une coquille vide

Une situation à ce point inquiétante que la CGT a demandé la tenue prochaine d'une concertation sociale exceptionnelle à Paris afin de maintenir l'existence des Centres de Lutte Contre le Cancer dans le cadre d'une mission de service public.

 

Tout le monde a à y gagner : les milliers de salariés qui y travaillent, mais aussi les millions de citoyens touchés un jour ou l'autre par le cancer.

 

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 19:19

 

 

Au beau milieu de l'univers de béton et de verre de notre Institut, il est un lieu où les patients viennent profiter d'un moment de détente, un havre de paix où ils peuvent oublier pour un temps la lourdeur des traitements : il s'agit du jardin créé il y a quelques années par un certain nombre de bonnes volontés parmi le personnel mais aussi d'anciens malades séduits par le projet. L'exiguïté des lieux avait à l'époque été optimisée dans cette réalisation quelque peu orientaliste que tous s'accordent à trouver très réussie.

Depuis, notre jardin a conquis à la fois les patients hospitalisés et ceux qui viennent recevoir des soins en ambulatoire, leurs familles et leurs amis accompagnateurs ou visiteurs, qui se sont emparés de ce lieu dont ils apprécient tout particulièrement l'esthétique et le côté accueillant.

Las ! Pour que vive un jardin, un minimum de d'entretien est nécessaire. Ces derniers temps, celui-ci offre un aspect négligé et poussiéreux, accentué par les effets de la sécheresse estivale.

De nombreux patients « habitués des lieux », témoins de l'abandon dont souffre « leur » jardin, nous ont fait part de leur regret et de leur déception devant ce gâchis. Pas besoin d'aller chercher bien loin : le jardinier employé à mi-temps étant parti à la retraite, la Direction n'a pas jugé bon de le remplacer, et cela se voit !

L'accueil des patients et la prise en charge de la maladie, cela a pourtant aussi à voir avec ce genre de lieu où l'on peut se retrouver, discuter ailleurs que dans une chambre, sentir le soleil ou la brise sur sa peau, bref, sortir de l'univers clos de l'hôpital pour profiter d'un petit coin de nature.

Patients et soignants, nous avons tous besoin que ce jardin perdure !

Que la Direction, si soucieuse de développement durable, passe donc aux actes en ouvrant à nouveau un poste de jardinier (poste qui existait d'ailleurs de tout temps à Bergonié), ouverture qui serait d'autant plus justifiée que les salariés demandent eux aussi la création d'un espace vert qui leur serait réservé (ce qui serait possible du côté des vélos).

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 19:14

 

Le no man's land qui s'offre au yeux de tous, patients, visiteurs, personnel et simples passants du cours de l'Argonne, et sert de parking sauvage à l'entrée de notre établissement, préfigure-t-il l'avenir de l'Institut Bergonié ? Beaucoup d'éléments convergent, en effet, pour que l'on pose la question.

Après les transferts d'activités vers d'autres structures, dont nous avons parlé à plusieurs reprises, voici que lors de la dernière réunion du CE, le 18 septembre, la Direction nous annonce, au prétexte désormais quelque peu rebattu d'un déficit de 3 millions d'euros, la diminution du nombre d'interventions chirurgicales et par conséquent la nécessité de fermer le 5e étage le week-end. Cela impliquera la suppression de postes de chirurgiens, d'ASH et infirmier(ère)s bloc, suscite des inquiétudes quant à l'avenir du personnel de jour comme de nuit au 5e.

Dans la foulée, dans le cas où ils ne deviendraient pas tarifées, certains actes comme la radio interventionnelle et la lecture de lames, seraient abandonnés . Pourtant, nous savons pertinemment que pour ces actes non tarifés, l'Institut bénéficie d'une enveloppe de l'ARS par le biais du MIGAC.

D'ici la fin de l'année, la Direction souhaite également supprimer les archives. C'est oublier la réponse que fit en son temps ( janvier 2010) notre Directeur Général Adjoint, aux salariés de ce service qui l'avaient interpellé au sujet d'un éventuel démantèlement : [… Par ailleurs, la mise en œuvre du projet d'établissement et son actualisation prochaine pour la période 2011-2015 ne comportent pas la disparition des supports papier des dossiers médicaux qui demeurent une exigence réglementaire. Le métier d'archiviste ne peut, donc, être considéré comme un emploi dont l'effectif est susceptible d'être réduit, en l'état actuel du droit et de l'organisation hospitalière....]. Or, nous savons que la législation en ce domaine n'a pas changé...

La baisse d'activité derrière laquelle s'abrite la Direction pour prendre toutes ces décisions est bien réelle, mais comment pourrait-il en être autrement lorsque cette même Direction transfère des spécialités qui faisaient jusqu'alors la réputation de Bergonié ? Il est trop facile de dire que l'on est en concurrence avec d'autres établissements, alors que l'on est en train de vider une structure renommée de sa substance.

Quant à nous, nous nous interrogeons sur ce prétendu déficit, que nous mettons en parallèle avec les réserves confortables de l'Institut. Si déficit il y avait vraiment, pourquoi la Direction s'est-elle engagée dans des travaux de démolition coûteux, dans l'achat des structures temporaires de la rue Duluc, dans des frais d'études d'architectes préalables à la construction d'un bâtiment chirurgical qui paraît bien loin de voir le jour ? Ce projet annoncé depuis sept ans est en complète contradiction avec les orientations que prend la chirurgie à Bergonié. Mais peut-être cela a-t-il servi à occuper les esprits. Et pendant ce temps, la casse pouvait continuer...

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 00:00

 

Après la fusion Curie Paris/St Cloud, puis de Nantes et Angers, la stratégie du groupe UNICANCER et ses directions locales ressemble bien à une menace pour l’existence des Centres de Lutte Contre le Cancer créés en 1945.

Nos centres ont pourtant une mission nationale à but non lucratif reconnue par tous pour la recherche, les soins et les traitements du cancer.

 

Avec la loi BACHELOT, les contraintes budgétaires et les regroupements par territoire génèrent des situations de privatisations et de démantèlement dans tout le pays :

 

  • bachelotA BORDEAUX : Activité libérale sur l’IRM , la TEP. Privatisation de l’ORL ,transfert de la stérilisation , de la tomo, de la chirurgie thoracique au CHU externalisation de l'entretien de certaines activités de labo au privé les sociétés de maintenances comme Dalkia etc sont présentes dans tous les secteurs de l'Institut. Création d’un groupement employeur GENESEMS pour supprimer les emplois sous la convention des centres.

    Le Président de ce groupement n’est autre que le Directeur Général Adjoint du centre anticancéreux Bergonié. Pour rappel, le directeur de l’Institut Bergonié est aussi Président d’UNICANCER et adjoint au Maire chargé de l'équarrissage de l’Emploi à la mairie de Bordeaux. Cherchez l'erreur...

  • A TOULOUSE : Création d’un cancéropôle sur les anciens terrains AZF regroupant des firmes pharmaceutiques et cliniques, le CHU et le centre anticancéreux C.REGAUD.

  • A NICE : Création d’un GCS à statut privé de 7000 m2 en cogestion avec le CHU introduisant une activité libérale des médecins. Privatisation de 53% de l’activité du nouvel IRM.

  • A MARSEILLE : Privatisation des analyses chimie, hémato de routine. Privatisation d’une partie de l’IRM.

  • A CURIE : Création de mini structures privées (Startups) financées pour la recherche en partie par les dons et legs. Partenariat scientifique d’envergure avec le glorieux laboratoire SERVIER. Transfert des inventions du personnel vers le monde industriel.

  • A VILLEJUIF : Mise en place d’une tarification « hors-forfait » pour accueillir les « patients VIP » des pays du Golfe.

Avec cette liste non exhaustive, on constate que le groupe UNICANCER met en place nationalement des groupements administratifs, économiques, ressources humaines, recherches études cliniques et médicaux. Ainsi, en éloignant les missions de nos centres, les directions locales sont dessaisis de leurs prérogatives, et les CE, CME et CA du contrôle indispensable.

 

Pour la défense des centres et de ses personnels, la CGT vous alerte sur ces menaces de démantèlement et de privatisation et vous propose de réagir !

 

Le 26 septembre prochain, une commission paritaire se tient au niveau d’UNICANCER, la délégation CGT portera les exigences suivantes :

  • Augmenter les salaires en fonction du coût de la vie et rattraper le retard accumulé

  • Revaloriser les grilles de classification

  • Obtenir un plan de résorption des CDD en CDI pour les emplois permanents

  • Réinstaurer le 13ème mois

  • Calculer l’ancienneté réelle sur la base de 1% par an

  • Supprimer la classification B et faire glisser les autres catégories d'un cran vers le haut afin de rattraper une partie de la perte du pouvoir d'achat subie depuis treize ans.

  • Prendre en charge la mutuelle complémentaire obligatoire à 100% par l'employeur.

  • Instaurer une prime forfaitaire de 1400€ pour tout le personnel de la position B à la position H.

  • Forfaitiser les primes de performance accordées aux cadres, ainsi que la prime variable additionnelle accordée aux médecins

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