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Le blog de la CGT : retrouvez toutes les informations parues dans les journaux de la CGT, qui défend les salariés du Centre de Lutte Contre le Cancer de l'Institut Bergonié à Bordeaux

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Notre cuisine, ce n'est pas de la triche !

 

J'ai fait récemment un rêve aux allures de cauchemar.

 

Dans mon rêve, la cafétéria de l'Institut avait une tout autre allure, plus rien de ce que nous connaissions n'existait. Certes, si je me rappelle bien, son emplacement, celui auquel nous sommes habitués n'avait pas trop changé, mais c'est à l'intérieur que je ne me retrouvais pas. Peut-être plus grande? Oui, un peu plus grande, mais si impersonnelle, si froide! Plus aucune photographie représentant les collègues, les murs étaient couverts d'un carrelage blanc du plus froid effet.

 

Mais surtout, je ne reconnaissais plus personne dans les locaux. Le service semblait assuré par du personnel entièrement habillé de blanc, on aurait des Umpa Lumpa comme dans « Charlie et la chocolaterie ». Des clones de serveurs, masqués et cagoulés. Ils se tenaient derrière des espèces de grands comptoirs inoxydables et immaculés.

 

 

Mais le véritable cauchemar, il était dans les assiettes. Je le compris bien vite, une société extérieure avait pris le relais. Je ne me souviens plus trop de son nom, peut-être quelque chose comme « Trichôtel », ce n'est plus très clair dans mon esprit. Oui, certainement un nom comme cela, ça collait bien d'ailleurs avec le contenu des gamelles en plastique -jetable bien entendu!

 

J'avais décidé de prendre une entrée bizarre, on aurait dit des algues mais pas vraiment, peut-être un « sorbet chaud » d'épinard? Je ne sais pas. Ensuite, restant prudent, une part de poulet avec des frites, et j'avais décidé de m'arrêter là, la suite me paraissant pratiquement immangeable, mais toujours présentée sous vide. Même les microbes n'avaient pas le droit de se « régaler ».

 

En mangeant le poulet, je revoyais le regard ébahi de Louis de Funès et de Coluche découvrant sa confection dans « l'usine ». Pas besoin de s'énerver à vouloir détacher la viande de l'os, ça venait tout seul, pas de souci. Cet animal-là devait être atteint d'une maladie orpheline, cela n'était pas possible autrement. Quant au goût, là aussi, très surprenant. On aurait dit ... pas du poulet! Les frites, elles, avaient dû passer dans une sorte de photocopieuse en 3D, elles semblaient toutes clonées comme les serveurs.

 

Jetant un coup d'oeil alentour, je pouvais m'assurer que les personnes qui avaient choisi un autre plat n'étaient pas mieux loties. C'est curieux comme les gens paraissaient tristes devant leurs assiettes.

 

A la fin du repas, si tenté que l'on puisse parler de repas, les assiettes, couverts, verres et autres reliefs étaient acheminés via des sortes de tapis roulants vers la plonge. Là, une énorme machine à laver prenait en charge la totalité de la cafétéria, mais également tout ce qui arrivait des étages d'hospitalisation par ascenseur pneumatique. A en juger par la quantité de nourriture qui redescendait, les patients eux non plus n'avaient guère été alléchés par ce qui leur avait été servi.

 

Un seul Umpa Lumpa était à la manœuvre. Il devait d'ailleurs s'ennuyer quelque peu car il faisait des mots croisés, la machine accomplissant le travail. Autour de moi, les gens paraissaient si tristes, comme désabusés. On ne parlait plus que de cette société qui, ayant fait main basse sur la cuisine et la cafétéria, avait du même coup supprimé le seul moment convivial de la journée. On regrettait le remplacement de tout le personnel par les machines et on fustigeait l'ignoble concept.

 

Je ne pouvais m'empêcher de faire le rapprochement avec la nourriture peu ragoûtante que l'on donnait à l'armée romaine et qui, selon René Gossiny, avait le pouvoir de la rendre puissante. Au niveau de l'Institut, il me semblait que tout ceci était dans la continuité d'un vaste processus pernicieux élaboré depuis pas mal de mois pour, et ceci sans le dire, écrémer une bonne partie du personnel.

 

Je me réveillai alors, pour m'apercevoir avec soulagement que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Quel plaisir de penser que les choses n'en étaient pas rendues là à l'Institut : nos dirigeants venaient au contraire de s'engager à conserver notre système de restauration, et le personnel qui y est rattaché : Trichôtel, ce n'était pas encore pour demain, mais on l'avait échappé belle, d'où mon cauchemar sans doute.

 

Nous étions lundi, pourtant pas le meilleur jour de la semaine, mais je me sentais d'un coup tout guilleret. Quel plaisir de penser que ce midi j'allais pouvoir déguster le bœuf bourguignon de Patrick et de son équipe. Il est toujours bon, le bourgui à Bergo!

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